1 Aux sources de l’énergie des habitants de Kagoshima 県民のエネルギーの源泉となったものは何か 

Kagoshima, terre de soleil, de mer et de volcans 太陽と海・火山の国 鹿児島

Territoire marquépar le soleil, la mer et les volcans, Kagoshima s’étire sur plus de 600 km du nord au sud, depuis la partie méridionale de l’île de Kyūshū jusqu’à un chapelet d’îles au sud-ouest, dont l’ensemble est appelé archipel Nansei. Une grande partie de sa superficie est bordée par la mer, soit plus de 2 600 km de côtes baignées par le courant marin Kuroshio. Du fait de ces conditions géographiques, la région présente des caractéristiques tropicales et bénéficie d’une nature exubérante.

Géologiquement, Kagoshima est une région volcanique qui compte de nombreux volcans en activité. Depuis les éruptions massives des volcans Aira et Ata, leurs caldeiras aujourd’hui couvertes de roches pyroclastiques offrent peu de plaines, et ces étendues sont relativement peu propices à l’agriculture. 

On imagine aisément combien cette nature, dans sa diversité, a marqué d’une empreinte forte le mode de vie des habitants.

Le pays des Hayato 隼人のくに

Les habitants du Sud-Kyūshū, contraints de vivre dans des conditions naturelles difficiles bien que généreuses, ont développé une culture originale se démarquant depuis toujours du reste du Japon.

Des lointaines contrées du sud, une influence méridionale s’est transmise le long du chapelet d’îles baignée par le courant Kuroshio qui remonte du sud vers le nord. Parallèlement, d’autres apports culturels ont été introduits depuis l’Est du Japon ou du continent asiatique via la péninsule coréenne. Inversement, en raison de la situation géographique particulière de la région, excentrée au sud de l’archipel japonais et coupée du reste de l’île de Kyūshū par de chaînes de montagnes élevées, notamment celles de Kunimi, une forme d’enfermement a marqué la culture locale. De même, son allongement nord-sud a favorisé le morcellement culturel. Tous ces aspects se trouvent mêlés dans le substrat culturel de Kagoshima.

Le territoire a été façonné par les nombreuses catastrophes naturelles causées par les éruptions volcaniques. L’explosion qui a formé la caldera Aira il y a 26 000 ans, recouvrant les alentours d’une épaisse couche de roches pyroclastiques, ou celle de la caldera Kikai il y a 6 300 ans, ont causé des destructions de large ampleur. Face à ces catastrophes, les hommes ont dû se réinstaller ailleurs provisoirement, ou chercher sur les mers les moyens de leur subsistance pour limiter dans la mesure du possible l’impact de ces évènements. 

La culture de la période Jōmon (v. 14 000 av. J.-C. – 600 av. J.-C.) a connu son essor lorsque les forêts d’arbres à feuilles caduques et les forêts sempervirentes (forêts d’arbres laurifoliées) se sont étendues. En revanche, les débuts de l’agriculture autour de la riziculture, caractéristique de la période Yayoi suivante (environ 800-400 av. J.-C. – 250 apr. J.-C.), ont été retardés dans la région en raison de la pauvreté des sols et de l’inadéquation du terrain. 

Entre les IIIe et VIe siècles, les habitants de la région sont connus  sous les noms de Kumaso et de Hayato. Les chroniques anciennes comme le Récit des temps anciens (Kojiki, 712) et les Annales du Japon (Nihon shoki, 720) relatent que les Kumaso-Hayato ne cessaient alors de se soulever en dépit des « campagnes de pacification » lancées par le pouvoir central Yamato

Le bouclier des Hayato 隼人の楯

Par la suite, le recueil de règlements de cour intitulé Engishiki(les Règlements de l’ère Engi, 927) nous apprend que les Hayato participaient à d’importantes cérémonies à la cour, notamment au moment du Nouvel An ou lors d’intronisation d’un nouvel empereur. On les dépeint coiffés de tissus rouges et blancs, et portant des boucliers et des lances. Le bouclier reproduit ci-contre a été retrouvé dans un puit sur un site archéologique de l’ancienne capitale Heijō-kyō (710-740, actuelle Nara). Par sa taille et ses motifs, il correspondrait aux boucliers décrits dans l’Engishiki, notamment ses lignes courbes en spirale (uzumaki).