Durant la période d’Edo, le fief de Satsuma est organisé autour d’une centaine de places fortes appelées tojō, en plus du château de Kagoshima. Celles-ci sont rebaptisées gō ou « canton » en 1784. Le canton se compose de plusieurs villages, avec un centre de commandement (fumoto) au milieu, qui comprend un bureau administratif, le jitō-kariya littéralement « demeure provisoire de l’intendant », et les habitations des samouraïs locaux, les gōshi1, autour.
L’intendant avait compétence sur les affaires militaires et administratives du canton. Les gōshi vivaient de l’agriculture en temps de paix, mais pouvaient étaient mobilisés à tout moment sous la direction de l’intendant en cas d’urgence.
Dans les villages agricoles, un système collectif regroupant plusieurs familles (kado-wari) permettait d’assurer de façon semi-autonome la production agricole et la collecte de l’impôt. Les terres agricoles y étaient réparties par groupes de paysans, ayant chacun la charge de produire entre 20 à 40 boisseaux de riz (koku). A intervalles réguliers, ces terres étaient redistribuées.
Les marchands étaient eux regroupés dans des quartiers appelés nomachi en ville, et les pêcheurs dans des villages appelés ura.
- Entraînement de gôshi 郷士 à la fin du XIXe s. :
Le fief de Satsuma avait obtenu du shogunat Tokugawa l’autorisation de contrevenir à l’interdiction faite aux samouraïs de travailler la terre. Ces gôshi n’étaient souvent que de simples paysans ayant obtenu le droit de porter des sabres, d’utiliser un nom de famille, etc., privilèges propres aux samouraïs. Mais les samouraïs plus aisés méprisaient ces guerriers obligés d’exercer un métier annexe pour survivre, et les appelaient « mangeurs de patates ». ↩︎
Bombardement de Kagoshima par la marine anglaise (15-17 août 1863) :
Suite à l ‘attaque par des samouraïs de Satsuma de quatre ressortissants britanniques ayant manqué de respect au daimyo Shimazu (incident de Namamugi 14/09/1862), la flotte britannique bombarde le port de Kagoshima pour l’exemple. Cette démonstration de force fit beaucoup pour convaincre ces guerriers qui rejetaient initialement tout influence extérieure, de l’importance de moderniser leur pays et d’introduire massivement les techniques occidentales.
Bakumatsu (1853-1868) : littéralement la « fin du bakufu » (shogunat) des Tokugawa, est une période de guerres civiles durant laquelle se sont opposés les partisans du shôgun en déclin et les provinces de Satsuma, Chōshū et Tosa qui entendaient « restaurer » l’empereur à la tête de l’Etat, comme aux époques antiques d’avant le moyen âge.
Une fois la « restauration impériale » menée à bien, les fiefs vainqueurs, dont Satsuma, eurent en main la destinée du nouvel Etat japonais confronté à la modernité occidentale.