Shimazu Hisamitsu (1817-1887) s’est trouvé impliqué dans l’« incident de Namamugi » de 1862, durant lequel des ressortissants britanniques furent blessés et assassinés par ses guerriers sur la route qui ramenait ce seigneur vers son fief de Satsuma depuis la capitale Edo où il s’était occupé de réformes. En réponse, les Britanniques exigent que le clan Satsuma fasse exécuter les coupables et verse une compensation financier pour ce crime. Mais le clan s’y refuse et la guerre entre la Grande-Bretagne et Satsuma éclate en 1863.
A la suite de ce conflit, le fief de Satsuma réalise l’impossibilité de repousser les étrangers hors du Japon et opère un virage complet dans son positionnement, prônant désormais l’ouverture du pays. Dès 1865, il envoie dix-neuf étudiants étrangers en Angleterre pour se familiariser avec la culture occidentale. En 1867, il invite des ingénieurs anglais et crée l’Usine de filature de Kagoshima à Iso, qui est devenue le point de départ de la filature occidentale au Japon. La même année, Satsuma participe à l’exposition universelle de Paris sous le nom de « Gouvernement de la province de Satsuma », indépendamment du shogounat, et impressionne le monde occidental par la puissance de son fief.
Rouleau illustré de la guerre anglo-Satsuma
En 1863 (an 3 de l’ère Bunkyû), le fief de Satsuma a livré une féroce bataille contre sept navires britanniques venus à Kagoshima en représailles de l’incident de Namamugi. Cette bataille leur a permis de découvrir la puissance de la marine britannique, la supériorité de ses armes et de sa technologie. Ce rouleau illustré, peint par le peintre officiel du clan Yanagida Ryûsetsu (1833-1881), représente chaque scène de la bataille.

Médaille de Satsuma pour l’Exposition universelle de Paris (1867)
Créée par le plénipotentiaire de Satsuma, Iwashita Masahira, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1867, cette décoration a été offerte aux hauts dignitaires du gouvernement français, notamment à Napoléon III. Cette toute première décoration émise par le Japon permit au fief de Satsuma de se placer sur un pied d’égalité avec le gouvernement central des shogouns.
Lors de cette exposition, le fief de Satsuma présenta près de quatre-cents caisses de productions locales, comprenant des produits provenant de l’archipel des Ryûkyû sous sa domination, des poteries, des ustensiles à thé, de l’artisanat en bambou, etc.

Reçu des compensations versées pour l’incident de Namamugi
En 1863, les négociations de paix entre Satsuma et la Grande-Bretagne à la suite de l’incident de Namamugi et à la guerre entre Satsuma et la Grande-Bretagne eurent lieu dans la légation britannique de Yokohama. Satsuma y est principalement représenté par Iwashita Masahira et Shigeno Yasunori.
Ces tractations débouchent sur une compensation qui est versée au nom du seigneur Sadowara, Shimazu Awaji no kami, un domaine secondaire du clan Shimazu. L’argent fut emprunté au shogounat, mais n’a jamais été remboursé.
Ce reçu s’est transmis au sein de la famille Tamasato – Shimazu.

Étudiants envoyés à l’étranger
En 1865 (an 1 de l’ère Keiô), le fief de Satsuma a envoyé dix-neuf étudiants en Angleterre afin de recueillir des informations sur la culture occidentale et moderniser le domaine. Partis clandestinement du Japon depuis le petit port de Hashima à Kushikino, ils envoyèrent depuis chaque pays d’Europe des rapports sur la situation à l’étranger, suggérant au fief les mesures qu’il devait prendre. Après leur retour au Japon, ils contribuèrent à moderniser le pays dans de nombreux domaines. Certains d’entre eux sont repartis aux États-Unis pour poursuivre leur activité.

Dictionnaire anglais-japonais Wa yaku ei jirin
Il existait déjà à l’époque d’Edo un dictionnaire bilingue anglais-japonais , le « Chûchin jiten » édité par le Kaiseijo du shogounat. Sur cette base, des étudiants de Satsuma, dont Takahashi Shinkichi, Maeda Kenkichi et son frère Masana, publièrent leur premier « Dictionnaire japonais-anglais révisé et élargi » en 1869 puis, en 1871, le « Dictionnaire japonais-anglais édition Taishô élargie » (Taisho zôho wa yaku ei jirin). Cette édition révisée se distinguait par une notation améliorée de la prononciation, passant du syllabaire katakana au style Webster. Connu au Japon sous le nom de « Dictionnaire de Satsuma » car édité par des étudiants de cette province, ce dictionnaire eut une influence majeure sur le développement des études anglaises dans l’archipel.

Le canon « boom »
À la fin de l’époque d’Edo, le fief de Satsuma a renforcé ses défenses par des batteries de canons installés le long de ses côtes. Des efforts particuliers ont été déployés pour protéger le château de Kagoshima qui risquait d’être détruit par des bombardements depuis la mer. Une série de batteries a donc été construites au pied du château et, en face, sur les rives du volcan Sakurajima.
Ce canon-ci a été fondu au Shûseikan et installé sur la batterie Tenpôzan du lieu-dit Suna.ageba. D’un diamètre de 27 cm, il pesait près de 4,8 tonnes.
