Les traces du *paléolithique dans le département de Kagoshima sont relativement peu nombreuses. Les plus anciens objets datant de cette période ont été exhumés sur le site d’Uwaba dans la commune d’Izumi, au nord-ouest du département, principalement des couteaux en pierre taillée. Pour la deuxième moitié de la période, qui a laissé plus de sites, on a retrouvé des stylets, des pointes de flèche et des poteries (Kariyama et Kajiyazono), de même que des cuves pour la conservation des fruits de la cueillette (Higashi-Kurotsuchida), vestiges qui préfigurent les caractéristiques de la période Jōmon suivante.
Les sites de la *période Jōmon, qui débute vers 10 000 avant J.-C., ont essaimé sur tout le territoire, mais ils présentent dans la région de fortes particularités. Par exemple, contrairement au reste du Japon, les céramiques sont rarement ornées de motifs cordés, la plupart d’entre elles étant travaillées avec des *coquillages. Les influences extérieures se font néanmoins sentir progressivement à partir de la moitié du Jōmon supérieur, période durant laquelle la région partage la même culture que le reste du Japon de l’Ouest.
Pierres taillées du site archéologique Komaki 3A 小牧3A移籍出土の石器
L’éruption de la caldera d’Aira survenue il y a environ 26 000 ans a envoyé des flots de roches pyroclastiques volcaniques (shirasu) qui ont recouvert la quasi-totalité du sud de l’île de Kyūshū. Ces sols rendent difficile la connaissance des strates culturelles antérieures. Toutefois, le site archéologique Komaki 3A situé sur la commune de Ibusuki a pu livrer des outils en pierre datant du paléolithique supérieur : des couteaux, des pointes et des bifaces utilisées probablement pour la chasse sur des lances par exemple, ainsi que des grattoirs et des racloirs pour l’équarrissage du gibier, outillage principalement produit en obsidienne et en silice.

Humains de l’époque Jōmon 縄文時代人
Cette reproduction grandeur nature, réalisée sous la direction de l’archéologue Naitō Yoshiatsu à partir d’ossements retrouvés dans un amas coquillier à Ichiki, montre des humains ayant des caractéristiques communes aux spécimens de l’époque Jōmon sur d’autres territoires du Japon : nez droit, visage marqué par un relief important, membres supérieurs et inférieurs bien développés dont la musculature laisse imaginer une activité physique importante. Si la taille de la femme, 1,48 m., est dans la moyenne de ses contemporaines de l’époque Jōmon, l’homme en revanche est plus grand, du haut de son 1,63 m.

Grand bol (poterie de style Ichiki) 深鉢(市木式土器)
Il s’agit d’une céramique de type Ichiki datant du milieu du Jōmon Tardif (2500 – 1300 av. J.-C.). Le plan du col est surélevé par des anses triangulaires, décorées de lignes courbes réalisées au moyen de coquillages. Les autres motifs visibles sur la panse ont également été imprimés avec des coquillages. De même, les amas coquilliers retrouvés à de nombreux endroits, ainsi que les objets à usage religieux figurant des bateaux et fabriqués en pierre ponce, témoignent d’une forte dépendance à la mer. L’étendue géographique de ce type de sites est extrêmement vaste, allant du nord-ouest de Kyūshū à Okinawa.
