4. Croyances populaires et fêtes folkloriques à Kagoshima

Les croyances populaires incluent le culte de la divinité des rizières pour obtenir de bonnes récoltes, le culte de la divinité du clan à qui l’on adresse des prières pour la prospérité de toute la famille et qui est liée au culte des ancêtres, le culte de la divinité de la montagne, celui à la divinité Ebisu, ou encore à Ise. Les statues de la divinité des rizières sont des représentations qui n’existent que dans l’ancien domaine de Satsuma. Même aujourd’hui, des événements uniques sont organisés autour des statues de la divinité des rizières1.

Par ailleurs, pendant la période féodale où la secte Ikkō (Secte de la Terre pure, Jōdo-shinshū) était strictement interdite, de nombreuses personnes pratiquaient cette religion en secret2.

Dans l’archipel d’Amami, les prêtresses noro3, qui président aux rituels des villages, sont les fondements de la foi des gens.

Les fêtes folkloriques et les arts populaires du spectacle sont particulièrement variés et nombreux. Parmi ceux-ci, figurent la Fête de la Quinzième Nuit du Sud-Satsuma, la Fête de Toshidon à Koshikishima4, la fête Arasetsu à Akina, la Danse de Tanabata à Ichiki, ou encore le festival Shodonshibaya, entre autres, qui ont été désignés comme biens culturels folkloriques immatériels d’importance nationale. Des spectacles traditionnels comme le Boze à Akiseki-jima ou le Men à Kuroshima font appel à des masques très particuliers.

  1. Le dieu des rizières est généralement dénommé dans les croyances populaires sous le nom d’Inari. Il est la divinité de l’agriculture et de la fertilité, autant dans le shinto que le bouddhisme. Il est souvent représenter par un renard blanc.
    Les croyances liées aux dieux des montagnes, appelés parfois  Oyamatsumi ou Masakayamatsumi, sont nombreuses dans le folklore japonais.
    Egalement évoqué ici, Ebisu, aussi appelé Yebisu, est un dieu japonais de la chance, de la richesse et de la prospérité, en particulier lorsqu’il s’agit de la mer. ↩︎
  2. Les Ikkō-ikki 一向一揆, littéralement « soulèvement des Ikkō-shū » sont des foules de paysans, de moines bouddhistes, de prêtres shinto et de nobles locaux japonais, qui se soulèvent contre l’autorité des samouraïs aux XVe et XVIe siècles. Ils suivent les croyances du Jōdo shinshū (véritable Terre Pure), secte du bouddhisme qui enseigne que tous les croyants sont également sauvés par la grâce d’Amida Buddha. ↩︎
  3. Noro : prêtresse chargée de servir les divinités dans les sanctuaires, de veiller aux cérémonies et de maintenir les traditions religieuses. Les Noro étaient considérées comme des figures importantes dans les communautés locales dans l’achipel des Ryūkyū, jusqu’aux îles Amami de l’actuel département de Kagoshima ↩︎
  4. Toshidon est un festival traditionnel qui a lieu chaque année en juillet sur l’île de Koshikishima. Il est basé sur une légende locale selon laquelle un dragon sacré appelé « Toshi » protégeait l’île contre les maladies et les calamités. Pour honorer le dragon et renouveler son pouvoir protecteur, les habitants de l’île organisent des rituels et des danses. Pendant le festival, les danseurs portent des costumes de dragon et des masques. ↩︎