8. Éducation des samouraïs dans les districts ruraux

Contrairement à l’enseignement officiel dispensé dans l’école du domaine, l’éducation des samouraïs des districts ruraux (gōchū, ou gojû en dialecte local) reposait sur un système propre au fief de Satsuma, mis en œuvre de manière autonome et collective par les jeunes de la classe guerrière vivant dans un même district — adolescents appelés nise (nisai) ou chigo. Axée principalement sur les études et les arts martiaux, elle visait aussi, par les relations humaines au sein du groupe, à développer de nombreuses qualités : l’apprentissage de l’ordre collectif, la sollicitude des aînés envers les plus jeunes, l’entraide et le sentiment de solidarité. On y pratiquait également des exercices de questionnement (sengi), afin de renforcer les capacité de jugement et de réflexion personnelles, et de pouvoir réagir de façon appropriée en situation critique.

L’esprit de cette éducation gōchū inspira, après la rébellion de Satsuma (guerre du Sud-Ouest, 1877), l’enseignement dans les établissements scolaires du Japon moderne. Il aurait en outre servi de modèle au mouvement des Boy Scouts en Grande-Bretagne.